Le Maroc interdit les transactions en crypto-actifs depuis 2017. Cette interdiction est toujours en vigueur aujourd'hui, mais elle a une date de péremption : le projet de loi n° 42.25 doit lui substituer un véritable cadre légal, et le gouvernement l'a inscrit parmi les chantiers du projet de loi de finances 2027.
Cet article fait le point sur l'état réel du texte, sur ce qu'il changera pour un particulier, et sur ce qu'il est possible de faire dès maintenant sans se mettre en infraction.
Où en est le texte en novembre 2026
La légalisation avance, mais elle n'est pas faite. Les étapes connues à ce jour :
- Novembre 2017 — Bank Al-Maghrib, le ministère de l'Économie et des Finances et l'Office des Changes interdisent les transactions en monnaies virtuelles.
- Août 2025 — le ministère de l'Économie et des Finances rédige un avant-projet avec Bank Al-Maghrib et l'AMMC. Le document est daté du 5 août 2025.
- Novembre 2025 — l'avant-projet est publié sur le portail du Secrétariat général du gouvernement et soumis à consultation publique.
- Octobre 2026 — le projet de loi de finances 2027 inscrit l'encadrement des crypto-actifs parmi ses chantiers.
Aucune date de vote n'est confirmée à ce jour. Tant que le texte n'est pas adopté et publié au Bulletin officiel, l'interdiction de 2017 reste la règle applicable.
Ce que la loi 42.25 changerait
Le texte, tel qu'il a été publié en consultation, crée un cadre là où il n'y avait qu'un vide :
- Des plateformes agréées. Les prestataires de services sur crypto-actifs devront obtenir une licence pour opérer au Maroc.
- Deux autorités, deux périmètres. L'AMMC encadrerait les émissions et les offres au public ; Bank Al-Maghrib superviserait les jetons de paiement et les stablecoins, ainsi que la stabilité financière d'ensemble.
- Un livre blanc obligatoire. Toute offre au public devrait être précédée d'un document visé par l'AMMC.
- Des stablecoins réservés. Seules les banques et les établissements de paiement déjà agréés pourraient en émettre.
- Des obligations anti-blanchiment. Vérification d'identité des clients, conservation des enregistrements et signalement des opérations suspectes, avec application de la « travel rule ».
Ce que la loi ne changera pas
Trois limites méritent d'être connues avant de se projeter :
- La crypto ne deviendra pas une monnaie légale. Elle resterait une catégorie d'actifs à part, pas un moyen de paiement, et resterait soumise au régime de change.
- Plusieurs usages sont hors champ. Les NFT, le minage et les monnaies numériques de banque centrale ne sont pas couverts par ce texte.
- Le texte vise les personnes morales. Un particulier ne peut pas demander d'agrément : il sera utilisateur de plateformes agréées, pas acteur réglementé.
Se préparer dès maintenant, sans enfreindre la règle
Le jour où le cadre entre en vigueur, ceux qui connaissent déjà les bases partiront avec une longueur d'avance. Voici ce qui est possible aujourd'hui.
- Apprendre les fondamentaux. Bitcoin, Ethereum, stablecoins, volatilité, frais : quelques heures suffisent pour ne plus dépendre du premier venu.
- Comprendre la sécurité avant les marchés. Authentification à deux facteurs, phrase de récupération, reconnaissance de l'hameçonnage. C'est ce qui sépare un utilisateur prudent d'une victime.
- Observer sans engager d'argent. Suivre les cours et les cycles pendant quelques mois ne coûte rien et apprend davantage qu'un premier achat précipité.
- Suivre l'adoption du texte. Les annonces de Bank Al-Maghrib et de l'AMMC, puis la publication au Bulletin officiel. Assurma suivra le dossier.
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Ce qu'il faut éviter en attendant
Tant que la loi n'est pas en vigueur, l'Office des Changes considère les transactions en crypto-actifs comme une infraction au régime de change. Par prudence :
- Ne transférez pas de dirhams vers une plateforme crypto avant l'entrée en vigueur du cadre légal.
- Méfiez-vous des vendeurs de gré à gré et de toute promesse de gain rapide ou garanti.
- Ne communiquez jamais vos codes à deux facteurs ni votre phrase de récupération, à personne, sous aucun prétexte.
- Méfiez-vous des « conseillers » qui proposent de gérer votre compte à votre place.
Questions fréquentes
La crypto est-elle légale au Maroc aujourd'hui ?
Non. L'interdiction de 2017 reste en vigueur tant que la loi 42.25 n'a pas été adoptée et publiée au Bulletin officiel.
Quand pourra-t-on acheter légalement ?
Aucune date n'est confirmée. Il faudra le vote du texte, sa publication au Bulletin officiel, puis l'agrément des premières plateformes. Le PLF 2027 l'inscrit parmi ses chantiers, ce qui donne un horizon, pas une échéance.
Puis-je créer un compte sur une plateforme dès maintenant ?
Créer un compte pour se former et sécuriser ses accès est une chose ; y transférer des fonds en est une autre. C'est le transfert et l'achat qui posent problème au regard du régime de change actuel.
Les NFT sont-ils concernés ?
Non. Les NFT, le minage et les monnaies numériques de banque centrale sont exclus du champ de ce projet de loi.
Sources
- « Crypto-actifs : le Maroc dévoile un avant-projet de loi pour encadrer le secteur » — Medias24, 3 novembre 2025.
- « Actifs numériques : ce que prévoit le projet de loi 42.25 » — Hespress.
- « PLF 2027 : le gouvernement passe à l'encadrement des cryptomonnaies » — Hespress, octobre 2026.
- « L'avant-projet de loi n° 42.25 à l'épreuve des exigences du GAFI » — LexisNexis Maroc.
- « Crypto-actifs : le Maroc sort de la zone grise avec un cadre légal de régulation strict » — Le Desk.
Cet article est informatif et ne constitue ni un conseil financier, ni un conseil juridique. L'état du droit décrit ici est celui de novembre 2026 et peut évoluer.


